Coyhaique, Esquel, etcarretera...
Quittant El Chalten, nous voulons remonter la route 40 en stop. Tout le monde nous a dit que c'était impossible, de quoi nous gonfler à bloc. Nous sommes d'ailleurs "rapidement" pris en voiture pour 600 km... après avoir passé 24 heures sans bouger, et une matinée en plein désert dans un tuyau d'évacuation d'eau pour se protéger de la pluie (nous n'en sommes pas les premiers locataires à en juger les tentatives poétiques dignes d'un
Into the wild traduit en espagnol par des auteurs de telenovelas).
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| Non, ce n'était pas dans une maison de hobbit, mais au Chili. Je vous laisse imaginer l'inconfort du lit... |
Après avoir écrasé un hibou, le conducteur nous conseille de remonter par le Chili, plus joli parait-il. Dépourvus de guides du lonely routard, nous voyageons en suivant les conseils des gens. Nous voilà donc sur la fameuse carretera australe, à contourner le 2e plus grand lac d'Amérique du Sud, le premier devant être la flaque d'eau dans le cerveau de Ronaldinho. Nous y longeons des rivières bleu roi, sous des couchers de soleil rouge roi décapité. Des panneaux indiquent "route de la fin du monde"... et moi qui pensait que c'était le sortie d'autoroute vers La Louvière.
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| La famille Rigo envahit le monde ! |
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| Paysage habituel sur la carretera austral |
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| Les cathédrales de marbre, près de Puerto Tranquilo |
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| Les piliers de la terre version chilienne |
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| Un peu trippant parfois... |
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| Equipe tchéquo-belgo-française, avec le gilet de sauvetage. Le top pour avoir une bonne gueule de champion ! |
Il pleut comme Maggie de Block qui pisse. Nous arrivons presqu'à la nage à Coyhaique, où on nous explique que les habitant-e-s ont réussi à faire annuler un projet de méga-barrage dans la région, sur le Rio Baker. De quoi ressortir la caméra pour quelques jours, que nous passerons en compagnie d'Aurore et François, qui eux sont calés en ville par les intempéries. Nous rencontrons Peter Hartmann, de Aysen Reserva de Vida, qui nous explique comment ils ont gagné cette grande bataille. Les locaux ont pris les rues et ont lancé une campagne nationale et internationale pour montrer les impacts négatifs et l'inutilité du barrage. La compagnie en charge du projet a essayé de contre-attaquer, en engageant une boite de communication qui avait un beau CV: faire oublier l'incident de Three miles island, lisser l'image de Blackwater, travailler pour la dictature argentine en s'en prenant aux organisations de droits de l'homme... Bref, des gens bien. Sans succès. Je vous entend déjà dire que sans barrages ils auront droit au nucléaire, au charbon ou pire aux plans de délestages qui, selon le FDF, privilégient les flamands. Cependant, quand on sait que 40% de l'énergie chilienne va aux compagnies minières et que les mégawatts produits auraient été destinés au nord du pays, qui a longtemps laissé la région d'Aysen dans une isolation presque totale, il y a de quoi comprendre que le projet était autant le bienvenu qu'une reprise de Jacques Brel par la Star Academy. D'autant plus que de nombreux locaux sont plutôt friands d'un mode de vie simple et peu gourmand en énergie. A observer la nature dans le coin, on n'a pas trop envie qu'on vienne lui donner un petit coup de jeune au béton et à la dynamite.
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| Du soleil ! Ça ne nous est pas arrivé souvent dans cette partie du monde. |
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| La carretera austral... |
Nous reprenons le stop, et sommes débarqués sous un torrent de flotte dans un paysage où voir passer un diplodocus ne nous aurait pas surpris. Heureusement, sorti de nulle part, un paysanus-rex nous accueille chez lui et nous cuisine un morceau de viande qui aurait du mal à tenir dans une vache entière. Pointant le morceau de laine abîmé qui sèche à coté de nos vestes, il nous dit la phrase la plus andine qu'il soit possible d'entendre: "Un condor a troué mon poncho".
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| "Je te laisse la moitié?" |
Nous continuons notre route vers Esquel, où les habitant-e-s de tout âges, classes, religions et origines, se sont organisé-e-s pour faire annuler un projet de mine d'or qui allait ouvrir à une poignée de kilomètres de la ville. Grâce à un travail d'information communautaire et de mobilisation, celles et ceux qui s'appellent "les voisins" ont réussi à ce que l'entreprise minière quitte les lieux. L'idée d'avoir du cyanure dans l'eau potable ne les enchantait pas. Leur "No a la mina" est devenu un symbole dans ce continent habitué à se vider de son sous-sol pour que nous puissions faire fabriquer de jolis micro-ondes en Chine, pour le leur vendre à nouveau. Nous y sommes très bien accueillis et logés dans une petite pièce tout confort à côté d'un atelier, où nous avons juste connu quelques problèmes de clé calée dans la porte, de porte de douche coincée, de chauffe-eau qui menace d'exploser, d'inondation, etc. A croire que le plombier s'appelait Poltergeist. Heureusement, deux voisins nous invitent à passer le reste de notre séjour chez eux, en nous nourrissant de viandes, vins, bières et films empruntés sur internet.
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| No a la mina ! |
Nos hôtes nous recommandent un arrêt à Cholila, village de Butch Cassidy, du Sundance Kid et de Dario, un Mapuche-activiste-andiniste-brasseur-permaculteur. Nous y reposons nos dos-à-sacs quelques jours avant de continuer vers El Bolson, repère de hippies du cône sud du continent. La pluie nous pousse à avancer vers Bariloche, célèbre pour son lac, ses chocolats presque bons et ses fans du petit moustachu nerveux arrivés "en vacances" à la fin des années 40. Tout le monde nous avait vanté la beauté de la ville, mais après avoir passé des mois dans le Sud, y entrer en longeant sa décharge et ses bidonvilles nous a laissé une impression un peu Iphone: le produit est joli mais ça pue l'injustice sociale. Heureusement, nous y sommes logés par des gens très bonne onde, comme disent les Argentins et Proximus et nous revoyons Ariane (spéciale dédicace big up ouaich ouaich représente), une amie rencontrée sur la route. De quoi continuer avec le sourire vers San Martin de Los Andes.
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| L'authentique cabane de Butch Cassidy et du Sundance kid |
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| ...mais maintenant c'est chez nous ! |
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| Paysage près de Cholila |
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| Lago escondido, Cholila |
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| Super naturel... |
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| Dans la rubrique idées déco |
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| Le chef Dario et sa paella "al disco"! |
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| On attend le soleil avec Ariane et Carlos à Bariloche |
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| quasi ! |
La route des sept lacs (on n'a pas compté) qui y mène est sublime, le Che ne s'y est pas trompé en s'y arrêtant avec son pote Alberto dans une cabane encore visible. Nous arrivons à destination en faisant du 4x4 dans une ambulance (parfois le stop a du bon). C'est le coup de cœur. Nous y resterons donc quelques jours de plus que prévu pour y célébrer ma vieillesse à coups d'asado, de bières artisanales et de vins andins. Bref, de quoi se mettre une bonne mine... mais on ne le dira pas aux voisins d'Esquel.
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| Premier contact avec San Martin de los Andes |
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| Chaque fois que les chiens font du voilier ça part en couille ! |
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| Petite balade en territoire mapuche. |
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| 30 ans fêtés avec des hôtes fantastiques, leurs potes asadores et deux étasuniens ukuleleistes, écrivains et scénaristes dont on attend avec impatience de contempler les œuvres ! |
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| Daniel, notre hôte, qui se demande probablement quel vin il va nous proposer pour le dessert. |
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| En flagrant délit de chasse de perruches! |
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| Pauline est-elle encore vivante? Vous le saurez en lisant le prochain article de notre blog ! |
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