Mendoza-Salta en stop
La belle ville de Mendoza n'a pas voulu de nous tout de suite. La neige nous a forcés à passer trois jours à Rio Blanco, un village tellement inintéressant que Jean-Pierre Pernault pourrait en faire un sujet de JT. Après cette longue attente, les
carabineros annoncent que la frontière va ouvrir, du coup une file énorme de voyageurs devenus patients par obligation se forme devant la barrière. Fausse alerte, la route n'étant dégagée que fin d'après-midi, les
carabineros déclarent que "cela ne sert à rien" d'ouvrir la frontière juste pour deux heures et reportent l'ouverture au lendemain, au grand bonheur de certains voyageurs qui se voient abandonnés en pleine montagne par leurs chauffeurs exaspérés.
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| Nous disions donc un peu de neige... |
Heureusement, le lendemain, un jeune couple nous emmène à Mendoza, où nous sommes accueillis par Isabel et Leo, un scout expert en
asado. Bien repus et après les traditionnelles dégustations de vin, nous reprenons la route 40 en stop en direction de Salta. Un de nos chauffeurs tient absolument à boire au volant. Nous lui disons que soit nous descendons, soit nous conduisons, et me voilà donc au volant avec à côté de moi un huissier de justice qui boit pour oublier son travail de m...
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| Une porte sur mesure à Shincal, près de Londres (pas celui avec la reine et le thé, mais le petit bled avec les asados et les cactus) |
Le reste du voyage se passe sans encombre à travers quelques provinces à peines plus grandes qu'un pays européen. Nous rencontrons une famille de La Plata avec qui nous visitons la magnifique cassure des vagins (Quebrada de las conchas, traduit littéralement de l'argentin) dans la région de Cafayate.
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| Petite balade sur les ruines de Quilmes avec notre famille d'adoption |
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| L'impressionnant site de Quilmes. |
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| Petite promenade de santé entre deux voitures dans la quebrada de las conchas. |
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| Et voilà à quoi on ressemble avec tout le matos sur le dos. |
La Quebrada de Humahuaca
Après un saut à Salta, la prochaine étape est le grand nord argentin: la Quebrada de Humahuaca. Visitant certains logements dans la ville homonyme, nous atterrissons à
Otro mundo. Le gérant du lieu, Miguel, prof engagé, y fait régner une ambiance familiale, et apprenant que nous faisons un documentaire, il nous organise une série de rencontres passionnantes. Nous y resterons deux semaines.
Le contraste avec Buenos Aires ou les grandes villes des plaines est frappant, ici, certains villages ne sont accessibles qu'à pied, et les ravitaillements ne se font qu'à dos d'âne. Cette région, rampe d'accès aux hauts plateaux andins, est peuplée en grande majorité par les kollas. Ici, on ne peut pas prétendre que l'Argentine est un pays blanc. En effet, dans le pays, une blague courante dit que si l'homme descend du singe, les Argentins descendent du bateau. Loin d'être innocent, ce petit trait "d'humour" exclu toutes les populations indigènes de l'identité argentine. Souvent, lors de nos trajets, les Argentins nous parlaient des personnes présentant des traits indigènes comme de "Boliviens". Certains le sont, évidemment, mais il s'agit d'une autre manière de défendre que les indigènes viennent forcément d'ailleurs. Pourtant, et contrairement à ce qui est véhiculé par de nombreux stéréotypes, la proportion de peuples originaires en Argentine est plus grande qu'au Brésil. Différentes études démontrent qu'entre 56 et 60% des Argentin-e-s ont du sang indigène.
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| Le disco n'est pas mort ! |
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| Dans une maison - mal - reconstruite de la pukara de Tilcara |
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| L'Hornocal, ou montagne des 14 couleurs |
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| Hard to be a tree-huger sometimes... |
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| Quelques "coplas" pour fêter la Pachamama à Otro mundo. |
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| ... et quelques accords de guitare. Tous les musiciens d'Humahuaca se sont donnés rendez-vous dans l'auberge. |
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| Au clair de lune |
Nous apprenons que beaucoup des anciennes et anciens de la région ont longtemps été utilisés comme main d'oeuvre esclave dans les champs de canne à sucre, par un procédé éprouvé: le propriétaire des sucreries installait des magasins dans les petits villages, et pour payer leur dette accumulée durant la saison sèche, les habitants étaient forcés de descendre aux sucreries à l'époque des récoltes. On y tuait ceux qui se rebellaient en mettant ça sur le compte du
familiar, monstre mythique hantant les champs de canne à sucre. Récemment, la mécanisation a renvoyé ces personnes à leurs cultures en terrasses, trop longtemps abandonnées pour encore produire comme dans le passé.
La Quebrada est parsemée de ruines qui témoignent de l'occupation ininterrompue du lieu depuis des millénaires. Seulement, issus de cultures victimes d'un racisme vieux de 500 ans, de nombreux jeunes ne s'identifient pas à leurs ancêtres. Un véritable travail de valorisation de la culture kolla est mené par de nombreux professeurs, activistes et communautés. Amaru, passionnant professeur que nous avons rencontré, nous dit qu'il est confiant, car nous entrons dans une ère qui leur est favorable. Avec la levée de nombreux mouvements indigènes à travers tout le continent, et l'élection du premier président indigène en Bolivie, on est portés à le croire. Aussi, de nombreuses personnes, comme nous, issues d'une civilisation qui commence à se taper le nez dans le mur qu'elle a construit, commencent à comprendre que d'importants enseignements peuvent être tirés de ces peuples que l'on appelle encore en voie de développement, voire émergents dans notre grande et arrogante mansuétude.
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| En balade près de Purmamarca |
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| "Dans la vie, il y a des cactus" comme dirait l'autre Jacques |
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| Impossible de trouver une montagne au look normal |
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| La nuit sur San Isidro, village où on n'arrive qu'à pied. |
San Pedro de Atacama
A contre-cœur, nous quittons le pays et partons vers San Pedro de Atacama. Nous n'y resterons pas longtemps, chassés par les prix extrêmes et l'ambiance propre aux endroits touristiques: t'es mon pote tant que tu payes. Nous passons donc par Calama, en plein lifting minier, avant de partir vers la Bolivie. Le passage de la frontière se fait en pleine tempête de sable, et une famille bolivienne est abandonnée à la frontière chilienne parce qu'un des nombreux documents qu'ils devaient emporter comporte une faute d'orthographe.
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| Un des plus célèbres couchers de soleil au monde à San Pedro de Atacama |
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| Et de l'autre côté il y a ça |
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| Petit tour en vélo dans la Valle de la muerte, un bon moyen d'éviter de payer un tour |
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| Valle de la luna |
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| Une clé à molette ou une tête de dinosaure ? |
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| C'est pas tout ça mais il faut que je retourne sur ma planète |
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| "Enfin la paix !" |
Le Sud bolivien
Nous arrivons à Dakar. Ou serait-ce Uyuni? Avec tous les panneaux et les autocollants festoyant le passage du fameux rallye-raid dans la région, on pourrait se tromper. Le temps étant à la tempête, nous reportons le tour du
salar et repartons un peu vers le sud, dans la magnifique Tupiza. On s'y croirait en plein far west - ou pour éviter un occidentalo-centrisme trop courant - le far west a des airs très sud-boliviens.
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| Le moment précis (après quelques heures passées ensemble) où Pau et Charlotte se rendent compte que leurs deux petits frères sont meilleurs potes. |
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| La puerta del diablo. Tout ici est "del diablo" |
De retour à Uyuni, nous embarquons avec le reste du troupeau pour faire le tour du
salar (désert de sel) et de la région. Le tour nous coûte un peu cher mais heureusement nous arrivons à revendre certaines de nos photos à l'agence, ce qui nous fait une belle réduction.
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| Le cimetière de trains près d'Uyuni. |
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| Une des photos qui nous a rendus "riches" |
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| Le photographe et le mannequin célèbrent l’événement |
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| Petit moment avec Joao et Pessoa |
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| Coucher de soleil sur le salar (les bordures ont un peu pris la poussière) |
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| Une autre photo vendue: la voie lactée sur un cactus |
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| Geysers au petit matin, quelque part au-dessus des 4000 mètres |
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| -5 dehors, +38 dedans |
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| Pas tout roses, ces flamands |
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| Une photo Pauline Dutron, vendue elle aussi |
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| "Everybody is suuurfing..." |
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| Un ange passe |
Après le désert de sel, nous allons à Sucre, où après plus d'un siècle, malgré un nom de friandise, on digère autant le fait que La Paz soit devenue la capital qu'un touriste digère un bon plat de tripes local. Nous partons nous réfugier dans la Cordillera de los Frailes, où un magnifique trek nous emmène de chemins de crêtes en peintures rupestres millénaires, en passant par des villages et des traces de dinosaures. L'itinéraire est décrit dans notre section "Suivez le guide" (car le L'on ne lit pas net est aussi à jour que les peintures mentionnées). Les petits villages visités sont présentés comme des hauts lieux de tissages, qui en fait ne s'animent que lorsqu'un tour y dépose une cargaison de touristes. La plupart des ateliers semblent abandonnés, tout comme certains logements. Les tours opérateurs semblent préférer les visites à la journée et le boum qu'avait connu le tourisme communautaire semble être retombé comme un soufflé, se limitant maintenant à quelques fillettes vendant des bracelets et certains des nombreux fossiles trouvés dans la région. Les gens n'en restent pas moins accueillants, contents que certain-e-s s'attardent un peu chez eux.
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| Le Cerro rico de Potosi,où depuis des centaines d'années des mineurs se tuent littéralement à la tâche pour extraire quelques minerais (avant de l'argent, maintenant surtout du plomb et de l'étain). |
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| Trek de la Cordillera de los Frailes, dans un paysage digne de jeux vidéo |
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| Tout le chemin de crête de la première journée est comme cela. |
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| Une pause s'impose |
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| Les peintures rupestres millénaires que nous avons pu découvrir seuls... magique et émouvant. Apparemment ils connaissaient déjà la Macarena |
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| L'arrivée à Maragua par les pâturages le 2e jour. |
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| Un arbre/grange à foin au dessus de Maragua |
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| En direction de Niñu Mayu, le sol passe du jaune au mauve, en passant par le bleu, et il suffit de se baisser pour voir des fossiles de plantes, d'animaux, etc, |
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| Un grand pas pour l'homme, un petit pas pour le dinosaure |
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