jeudi 27 octobre 2016

Vers Tikal

Voilà, c'est ça Tikal...
J'espère que vous avez apprécié cet article. A la prochaine !

C'est pour rire, hein, il y a vraiment un article. Là juste sous le lac, le monsieur l'a presque trouvé. 
Voilà, vous y êtes.
La ville de Guatemala n'est pas la plus charmante du monde, sauf pour ceux qui se laissent séduire par un centre commercial à moitié fini. Nous y sommes accueillis par une amie dans la tristement célèbre Zona 18. Heureusement sa maison se trouve dans une partie tranquille du quartier réputé pour ses guerres de gang, et elle l'a transformée en un petit paradis. Une attaque à main armée d'un camion de brasserie à quelques rues de là nous rappellera cependant qu'il vaut mieux ne pas sortir seul la nuit, et encore moins se promener avec beaucoup de bières. Notre amie nous emmène à Rabinal, dans le centre du pays, où nous rencontrons une organisation gérée par des femmes Achis (à vos souhaits), qui tente de préserver la diversité des semences et d'augmenter l'autonomie alimentaire des communautés achis (décidément). Dans une région semi-aride, qui fut le théâtre de massacres lors de la récente guerre civile, leurs résultats sont impressionnants: ferme-école, banque de semences, commercialisation des excédents alimentaires, formation à l'agroécologie des paysan-ne-s par des personnes issues de ces communautés, valorisation de la culture achi (prenez du sirop didju), etc.

Un Achi.
Une Achi.

Une autre madame achi qui prépare des barres d'amarante au miel, excellent contre le rhum, ça tombe bien, vous semblez en avoir besoin.
Nous nous rendons ensuite à Antigua, qui a conservé une belle architecture coloniale. Son nom complet, Antigua Guatemala signifie ancienne Guatemala en espagnol, car elle fut la capitale du Vice-Royaume d'Amérique centrale. Les Espagnols devaient être peu inspirés au moment du changement. Heureusement que les Français n'ont pas suivi leur exemple en abandonnant Paris pour Le Havre ou Valenciennes. La ville est entourée de volcans. La nuit, d'une des nombreuses terrasses du centre historique, il est possible de voir des coulées de lave.

Antigua
Une ville assez photogénique.
Un peu pourris gâtés...

Pourquoi utiliser un bâton alors qu'on peut lancer le gamin dans les branches. Au pire on en refait un autre. 
Intrigués par ce feu d'artifice naturel, nous décidons de grimper l'Acatenango, qui du haut de ses 3976 mètres offre une vue surplombant le volcan actif Fuego. Pour les non-hispanophones, fuego veut dire feu. Non, les locaux ne se sont pas cassés la binette au moment de baptiser les villes et les montagnes. Les explosions nous réveillent toute la nuit et le lever du soleil vu du sommet est éblouissant. Nous redescendons contents et assoiffés, ce que nous réglons grâce à une étrange eau jaune pétillante qu'ils appellent cerveza

La meilleure vue possible sur un volcan qui nous a fait des feux d'artifice toute la nuit.
La nuit, depuis la tente, nous pouvions voir la lave, les éclairs, les étoiles et les lumières de la ville en même temps. La preuve en photo.
Sommet matinal avec les quelques touristes qui ne voulaient pas s'encombrer d'un guide.
...littéralement éblouissant
Le fuego, tout en lave et fumée. 
Nous continuons le gringo trail (nom donné à l'itinéraire touristique classique) jusqu'au lac Atitlan, qui est un peu au lac de la Hulpe ce qu'un chocolat Marcolini est à un oeuf de Pâques de l'Aldi vendu en juin.

Très tôt le matin sur le lac.
Le premier ferry de la journée vers la ville.
A vendre : belle maison avec vue sur lac, mais aussi quelques traces d'humidité au rez-de-chaussée.
Le dernier ferry de la journée.
La vue de l'hôtel
Nous rentrons à la capitale où nous aidons notre amie à réaménager les patios du bâtiment de la coopération suédoise. Je propose de leur laisser les matériaux bruts emballés accompagnés d'une clé Allen et d'un manuel dans une langue incompréhensible, mais devant une assemblée guatemalteco-scandinave, ma blague tombe à plat: les guatémaltèques ne connaissent pas Ikea et le suédois ne semble pas avoir de traduction pour sens de l'humour. Nous ajoutons donc paysagistes aux autres métiers exercés durant le voyage: documentalistes, marins, traducteurs, photographes, couvreurs, archéologues, pêcheurs, paysans, designers web et guides touristiques.

Empereur maya est aussi à ajouter à la liste. J'exige des sacrifices humains: commencez par le Berlaymont svp. 
Nous courrons ensuite vers Tikal, au nord, car nous voulons arriver au Mexique à temps pour assister au cinquième congrès indigène. La jungle est parsemée de pyramides mayas, et la tranquillité ambiante n'est perturbée que par des singes, des dindons sauvages, des toucans et de bruyants touristes de la capitale qui font généreusement profiter la forêt de leur musique de m... euh, disons que notre éducation musicale occidentale ne permet pas d'apprécier.

La vue depuis le temple 4. Le site de Tikal est énorme et est certainement un des sites archéologiques les plus impressionnants du monde, juste après le monument du centre de la Belgique. 
Un tucancillo collarejo
et son pote.
Après un petit tour dans un film d'Hitchcock, nous embarquons dans une camionnette vers la dernière destination latino-américaine de notre voyage: le Mexique. Nous connaissions tous les deux le Guatemala, et le revoir était comme retrouver un vieil ami qui n'a pas pris une ride. Avec 23 cultures, deux côtes, des rivières turquoises, des lacs navigables, des jungles et des volcans, il confirme sa place de pays coup-de-coeur.  

Saurez-vous deviner de quel film d'Hitchcock il s'agit? Imaginez l'état du trottoir. 

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