Nos aventures en Colombie.
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| Un colibri pour commencer de bonne humeur. |
La première ville que nous connaissons en Colombie est Bucaramanga. Tous les Colombiens écarquillent les yeux lorsque nous leur disons que nous sortons du Vénézuela. Les gens auraient été moins impressionnés si nous avions raconté avoir traversé le Pacifique avec une bouée canard. Nous arrivons crevés et limitons la première visite de la ville au resto d'en face. Le lendemain, en visitant le bazar local, nous tombons sur un bar qui vend... des Duvel et des Maredsous. Il n'en faut pas plus pour nous arrêter. Le voisin volubile nous explique qu'il est chanteur et le clip qui passe à la télé en témoigne. Il nous raconte que si le pays traverse une crise, c'est parce que le trafic de cocaïne n'est plus aussi aisé qu'avant. Ah le bon vieux temps...
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| La preuve en image. Nous entendrons souvent ses chansons en Colombie. |
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| La Colombie est le pays de la 4L et de la Coccinelle. Combien pour les 2? |
Nous continuons notre route vers San Gil, Barichara, Guane et Villa de Leyva, des villages coloniaux très mignons, avant de nous rendre à Bogota, moins village et moins mignon. C'est la foire du livre. Le pays invité est la Hollande... vive l'exotisme. Nous en profitons pour acheter quelques bons livres, parce qu'au Vénézuela ils se limitaient à un seul thème: "pourquoi le gouvernement pue du cul". L'accueil que nous réserve un vieil ami rencontré à Santiago nous fait oublier la grisaille sur des accords de salsa et de tropipop, un style de musique local qui vaut heureusement beaucoup plus que son nom sorti tout droit du Club Dorothée.
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| Dans les rues de Barichara en pleine heure de la sieste. |
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| Son camouflage ne vous permet sans doute pas de le voir, mais Dam est du côté vert de la photo. |
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| Villa de Leyva de nuit après la pluie. |
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| William, un ami colombien rencontré au Chili nous accueillait à Bogota. Ici, avec sa famille, ils nous font découvrir les environs. Gracias amigos ! |
Comme d'habitude, nous profitons du passage à la capitale pour organiser nos interviews. Nous multiplions les rencontres auprès des organisations paysannes, indigènes et afrodescendantes. Depuis quelques années ces différents mouvements se sont rassemblés suite à l'appel de l'organisation indigène principale pour faire une minga (travail communautaire) pour défendre leur droit à exister. En pleine convergence, ils nous reçoivent très sympathiquement malgré leur agenda chargé, car une grève générale s'annonce pour fin mai.
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| Le trafic des grands capitales latino peut rendre fou... |
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| Bogota, comme Valparaiso, est un paradis pour les amateurs de Street Art. |
A deux reprises, les personnes que nous interviewons mentionnent des "listes" sur lesquelles figurent les noms d'activistes, de dirigeants de communautés ou de personnes engagées. Ils nous expliquent que ce sont les personnes menacées de mort par les paramilitaires. Nombreux sont celles et ceux qui doivent fuire, car l'exécution des menaces est fréquente (un professeur a été récemment tué devant ses élèves). Les paramilitaires, nous explique le secrétaire général de la CNA (Coordination Nationale Agricole, membre de la Via Campesina), expulsent par la violence les communautés des territoires qui possèdent des richesses, afin de faciliter l'arrivée des multinationales. Malgré le processus de paix entamé à La Havane, la violence est encore bien présente, mais elle a juste changé de forme. Plutôt que des massacres de villages entiers ou des bombes posées en ville, les assassinats et les menaces sont ciblés.
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| Ici, un leader Nasa nous parle masqué, pour éviter les foudres de la justice et des paramilitaires. L'interview se fait sur une terre qui vient d'être récupérée après des années de promesses non tenues par l'état. |
Entre les interviews, nous en profitons pour faire quelques petites journées de tourisme, mais notre documentaire nous rattrappe. A Salento, petit village touristique de la zone cafetière, un habitant nous explique qu'une mine à ciel ouvert de l'Ashanti Gold Corporation va s'ouvrir en amont de cette vallée qui attire des millions de touristes. Il déplore aussi l'activité de l'entreprise hollandaise Smurfit Kappa qui a abattu des hectares de forêt native et a planté de l'eucalyptus. Il nous dit "je préférais encore quand il y avait la guérilla".
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| Les finca productrices de café de Salento sont pour la plupart reconverties au tourisme. Un problème? Pas sûr, puisqu'elles continuent à produire, et que dans le cas de la finca visitée, un petit producteur bio peut désormais assurer la production du café de A à Z grâce aux revenues supplémentaires causés par les visites et la vente directe du café aux touristes. |
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| Petit trek dans la vallée de Cocora. |
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| Une maison sur l'itinéraire est connue pour être un petit paradis des colibris. Celui-ci était le plus bling. |
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| Toutes les espèces de la région peuvent y être approchées d'assez près. |
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| La vallée de Cocora est aussi réputée pour abriter les plus hauts palmiers du monde. |
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| Pauline pour l'échelle... |
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| Les techniques de camouflages s'améliorent. Avez-vous reconnu l'intrus? |
Nous descendons au Sud, près de Popayan, dans la région du Cauca, connu pour être le carrefour du narcotrafic, de la guerre civile, mais surtout de la résistance des peuples indigènes qui s'y trouvent pris entre le marteau et l'enclume. Nous rencontrons les Nasas qui nous expliquent, masqués, que malgré les assassinats dont ils sont victimes ils continueront à défendre leurs terres. Ils n'ont pas peur de s'affronter à la guérilla pour aller récupérer leurs frères et sœurs pris en otage, d'expulser les bases militaires des lieux sacrés ou de mettre feu aux machines des mineurs illégaux. Ils sont devenus des ennemis de tous ceux qui voient dans la nature un amas de profits potentiels, mais malgré cela, ils continuent leur combat pour préserver la nature pour les générations futures. Nous leurs sommes tous redevables.
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| Lors d'un atelier sur la mémoire et l'histoire de la communauté, les jeunes interviewent les anciens. L'objectif est de s'inspirer des savoirs traditionnels pour répondre à certains défis contemporains de la communauté. |
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| Entre deux prises de vue... |
Les afrodescendants, présents dans le Cauca comme dans toute la Colombie, peinent à faire reconnaître leur culture, car ils sont victimes de racisme et de l'incompréhension d'un pouvoir souvent très blanc. Arrachées à l'Afrique, leurs racines se sont replantées dans les coins les plus reculés du pays. Leurs ancêtres s'y sont installés après avoir échappé aux grands propriétaires terriens. Habilement contés par les anciens, des monstres légendaires protègent les recoins de nature plus fragiles. Les méga-projets de "développement" sont malheureusement venus les secouer et les ont poussé à s'organiser.
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| Un palenque (communauté afrodescendante) de la région de Popayan nous reçoit au complet. Peu reconnus, ils voient notre visite comme une opportunité. |
Nous poursuivons ensuite notre route vers Medellin, une mégapole dynamique qui contraste avec les images stéréotypées héritées de son passé violent. Nous sommes reçus par un mouvement paysan l'
Asociacion Campesina d'Antioquia, qui nous invite à les suivre dans de petites communautés où vivent les rares familles qui n'ont pas fui face aux menaces des guérillas et paramilitaires. La région était encore inaccessible il y a quelques années et les blindés le long de la route rappellent que la guerre civile n'est pas encore tout-à-fait terminée. L'association qui nous reçoit organise des ateliers culturels et productifs pour renforcer le tissu paysan longtemps déchiré par le conflit.
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| Après les cours, les mères occupent l'école pour un atelier et les enfants prennent soin des bâtiments. |
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| Le village de Guatape n'avait rien d'exceptionnel, mais les habitants ont eu l'excellente idée de décorer les maisons de frises et des couleurs vives. C'est maintenant une des étapes touristiques majeures du pays. A quand la même chose à La Louvière? |
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| Ça change du châssis 100% alu. |
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| Le Peñol de Guatape, une pierre gigantesque qui trône au milieu d'une région inondée par un barrage. |
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| La vue du sommet, malheureusement un peu trop aménagé. |
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| La terre - et Pau - vue du ciel. |
La dernière étape sud-américaine du documentaire se déroule à l'extrême nord du continent, dans la province de La Guajira, peuplées par les Wayuus (non, il ne s'agit pas d'une bande de woleurs, mais de la population originaire locale). Dans cette zone semi-désertique, chaque goutte d'eau est utilisée à bon escient. Malheureusement, une mine de charbon à ciel ouvert s'y est installée et participe activement à l'assèchement de la région. Les gens y meurent de soif et de faim dans l'indifférence générale. Lorsque la frontière était ouverte avec le Vénézuela, l'aide alimentaire venant du gouvernement de Caracas retardait la catastrophe humanitaire qui s'y préparait. Aux alentours de la mine, les dégâts sont tels que les habitants ne luttent plus pour rester, mais pour partir dans de bonnes conditions. Nous nous faisons passer pour des touristes et rejoignons un groupe qui part visiter la mine appelée Cerrejon. Les trois heures de visite sont consacrées à nous exposer en quoi la mine est un exemple en respect de l'environnement, des animaux (protégés par leurs soins des méchants "indiens" qui les mangent), de la flore et des populations locales. Le guide nous explique avec émotion que la mine a payé les études de ses trois enfant maintenant devenus médecins, mais il s'enfuit devant toutes les questions gênantes que nous filmons discrètement. Nous masquons notre écœurement devant ce show de relations publiques.
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| Le camouflage est maintenant parfait. Personne ne s'est rendu compte que le groupe de touristes comportait deux personnes un peu trop intéressées... |
Nous continuons notre chemin le long de la côté caraïbe vers le parc national Tayrona, où la jungle côtoie des plages paradisiaques. Nous en profitons pour nous cramer un peu au milieu des poissons colorés, des singes et des agoutis. Nous rejoignons ensuite Marianne à Cartagena, qui nous apporte des morceaux solides et liquides de notre bonne vieille Belgique.
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| Joao et Pessoa s'adaptent super bien aux Caraïbes. |
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| Ça vaut presque les plages d'Ostende. |
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| La nuit sous les cocotiers au camping. |
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| Ouvrir une noix de coco au couteau suisse. Check ! |
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| Pardon, j'ai marché dans votre carte postale. |
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| Le parc Tayrona est aussi une réserve naturelle, peuplée de singes, d'agoutis, de boas, etc. |
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| Marianne passait par Cartagena pour le travail. Coup de bol ! |
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| ...et un colibri pour terminer de bonne humeur |
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